Résumé :
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Le travail moderne ne se réduit pas seulement, comme on le disait communément, à des processus d'aliénation ou de valorisation. Sous la banalité quotidienne, des échanges complexes et ambivalents donnent forme à des comportements ritualisés, à des connivences ou à des oppositions individuelles et collectives. Le travail humain investit et modèle les « blocs socio-technologiques », les « ensembles » où s'expriment des attentes existentielles et des singularités. Il façonne des rituels, il suscite des attitudes d'esquive. Ce qui contribue au lissage ou à la modification de l'aspect des tâches prescrites. Les changements, qui résultent des innovations technologiques autant que des effets du sous-emploi, mettent à l'épreuve ces quotidiennetés ; ils en déconstruisent certains éléments et en font apparaître de nouveaux. La démarche « socio-anthropologique », située au croisement théorique et empirique de la sociologie et de l'anthropologie, tente d'identifier les ruptures et les constantes de cette trame des sociétés modernes : le travail vivant.
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