Rapport
Substances psychoactives, usagers et marchés : tendances récentes sur l'île de La Réunion en 2025
Titre de série :
TREND
Auteur(s) :
AUZOLE, E.
Année
2026
Page(s) :
33 p.
Langue(s) :
Français
Éditeur(s) :
Paris : OFDT
;
Saint-Paul : Réseau Oté
Domaine :
Autres substances ; Drogues illicites
Discipline :
MAR (Marchés / Markets)
Thésaurus géographique
LA REUNION
;
FRANCE
;
OUTRE-MER
Organismes
OFDT
Thésaurus mots-clés
REGION
;
PRODUIT ILLICITE
;
MARCHE DE LA DROGUE
;
PRIX
;
CANNABIS
;
MDMA-ECSTASY
;
COCAINE
;
MILIEU FESTIF
;
MILIEU URBAIN
;
PRECARITE
;
CANNABINOIDES
;
ETUDE QUALITATIVE
;
MARGINAL
;
TYPE D'USAGE
;
TRAFIC
;
PSYCHOTROPES
;
KETAMINE
;
CRACK
;
ALCOOL
;
CATHINONES
;
DROGUES DE SYNTHESE
;
ETHNOGRAPHIE
;
TRANSPORT IN CORPORE
;
USAGER
;
MEDICAMENTS
;
ACCOMPAGNEMENT
Résumé :
En 2025, la diversification et la diffusion des produits psychoactifs illicites demeurent une préoccupation majeure des forces de l'ordre. Le développement de la voie aérienne s'est traduit par une très forte hausse du nombre de mules interceptées (personnes transportant de la drogue à l'intérieur de leur corps ou dans leurs bagages), tandis que la voie maritime devient un nouvel objectif de contrôle face à l'importation de grands volumes. Dans le même temps, les actions coercitives, très médiatisées, se sont renforcées et visent désormais ouvertement la répression des consommateurs.
Les réseaux de revente poursuivent leur structuration et s'adaptent continuellement. Sur les réseaux sociaux, ils multiplient les offres de vente « en gros » et proposent des conditionnements et formes diversifiés illustrant une offre multiproduit de plus en plus attractive et à fortes teneurs.
Dans les espaces de la marginalité urbaine, la polyconsommation s'est diversifiée. Si l'alcool et le zamal (le cannabis local) restent très présents, l'année 2025 est marquée par une progression de la cocaïne basée (crack) dans l'ensemble de l'île. Parallèlement, les cathinones de synthèse se recentrent désormais autour du dou, supplantant la mention B13, tandis que les cannabinoïdes de synthèse (« chimique ») opèrent un retour remarqué, avec des effets de plus en plus puissants qui ont entraîné des complications auprès de certains usagers.
Cette dynamique engendre une précarisation rapide et des conséquences sociales très problématiques pour les usagers les plus vulnérables : endettement massif, perte de logement, isolement et augmentation des actes de violence ou de prostitution. Les professionnels du secteur socio-sanitaire et des lieux de premier accueil se retrouvent souvent démunis face à la banalisation des surdoses et aux difficultés de coordination, notamment avec la psychiatrie.
Les médicaments consommés hors cadre thérapeutique conservent un rôle central. L'Artane® reste particulièrement prisé par les polyconsommateurs pour réguler les effets des autres substances, tandis que le Rivotril® est plus visible chez les jeunes de 16 à 20 ans environ et que la Ritaline® consommée hors cadre thérapeutique émerge dans les usages.
En milieux festifs, un contexte de forte répression a contraint les organisateurs de free parties à se tourner vers des événements plus restreints ou des soirées privées. La cocaïne, la kétamine et la MDMA, parfois produite localement, dominent. On observe des personnes dont les consommations initiées en contextes festifs deviennent quotidiennes et décorrélées de ces événements. En parallèle, lors de manifestations festives, on note des consommations de cocaïne basée et de dou par des personnes insérées, alors que ces usages impliquent habituellement des personnes en situation de précarité.
Enfin, d'autres phénomènes marquants sont rapportés en 2025 : la pratique de l'injection, bien que très confidentielle, concerne de nouveaux produits (dou, Artane®, cocaïne) et s'étend à de nouveaux profils d'usagers. La présence de méthamphétamine est désormais confirmée sur le territoire, parfois utilisée à l'insu des consommateurs pour les « accrocher », renforçant l'enjeu crucial de l'analyse de produits. [Résumé d'auteur]
Les réseaux de revente poursuivent leur structuration et s'adaptent continuellement. Sur les réseaux sociaux, ils multiplient les offres de vente « en gros » et proposent des conditionnements et formes diversifiés illustrant une offre multiproduit de plus en plus attractive et à fortes teneurs.
Dans les espaces de la marginalité urbaine, la polyconsommation s'est diversifiée. Si l'alcool et le zamal (le cannabis local) restent très présents, l'année 2025 est marquée par une progression de la cocaïne basée (crack) dans l'ensemble de l'île. Parallèlement, les cathinones de synthèse se recentrent désormais autour du dou, supplantant la mention B13, tandis que les cannabinoïdes de synthèse (« chimique ») opèrent un retour remarqué, avec des effets de plus en plus puissants qui ont entraîné des complications auprès de certains usagers.
Cette dynamique engendre une précarisation rapide et des conséquences sociales très problématiques pour les usagers les plus vulnérables : endettement massif, perte de logement, isolement et augmentation des actes de violence ou de prostitution. Les professionnels du secteur socio-sanitaire et des lieux de premier accueil se retrouvent souvent démunis face à la banalisation des surdoses et aux difficultés de coordination, notamment avec la psychiatrie.
Les médicaments consommés hors cadre thérapeutique conservent un rôle central. L'Artane® reste particulièrement prisé par les polyconsommateurs pour réguler les effets des autres substances, tandis que le Rivotril® est plus visible chez les jeunes de 16 à 20 ans environ et que la Ritaline® consommée hors cadre thérapeutique émerge dans les usages.
En milieux festifs, un contexte de forte répression a contraint les organisateurs de free parties à se tourner vers des événements plus restreints ou des soirées privées. La cocaïne, la kétamine et la MDMA, parfois produite localement, dominent. On observe des personnes dont les consommations initiées en contextes festifs deviennent quotidiennes et décorrélées de ces événements. En parallèle, lors de manifestations festives, on note des consommations de cocaïne basée et de dou par des personnes insérées, alors que ces usages impliquent habituellement des personnes en situation de précarité.
Enfin, d'autres phénomènes marquants sont rapportés en 2025 : la pratique de l'injection, bien que très confidentielle, concerne de nouveaux produits (dou, Artane®, cocaïne) et s'étend à de nouveaux profils d'usagers. La présence de méthamphétamine est désormais confirmée sur le territoire, parfois utilisée à l'insu des consommateurs pour les « accrocher », renforçant l'enjeu crucial de l'analyse de produits. [Résumé d'auteur]
Affiliation :
Réseau Oté, La Réunion, France
Historique