Article de Périodique
Vers l'avenir radieux ? Prohibition, légalisation, réduction des risques en 2025 (2026)
[Toward a bright future? Prohibition, legalization, and harm reduction in 2025]
Auteur(s) :
LEBEAU, B.
Année
2026
Page(s) :
141-157
Langue(s) :
Français
Domaine :
Alcool ; Drogues illicites ; Tabac / e-cigarette
Discipline :
LOI (Loi et son application / Law enforcement)
Thésaurus géographique
FRANCE
Thésaurus mots-clés
REDUCTION DES RISQUES ET DES DOMMAGES
;
PROHIBITION
;
LEGALISATION
;
HISTOIRE
;
POLITIQUE
;
TRAFIC
Résumé :
FRANÇAIS :
En France, au début des années 1990, les militants de la réduction des risques étaient prudents sur la question de la prohibition des drogues. Ils étaient hostiles à la pénalisation de l'usage simple car c'est un obstacle à la prévention et au soin. Face au secteur de soins spécialisés qui expliquait que rien ne pouvait être fait à cause de la loi de 1970, ils se battaient pour les programmes d'échange de seringues, les traitements de substitution et l'accès aux soins pour les usagers de drogues, en particulier les injecteurs contaminés par le VIH.
Maintenant, en 2025, face à la violence et à la capacité de corruption des organisations criminelles, le gouvernement français explique que les usagers de drogues sont le vrai problème : pas d'usagers, pas de trafic ! Nous devons donc expliquer que les usagers de drogues n'ont pas d'autre choix que le marché noir et nous devons nous battre pour un changement radical des politiques de drogues. Si la prohibition du cannabis a été abandonnée par plusieurs pays, nous devons continuer à avancer. La feuille de coca devrait être retirée de la Convention de 1961. Ce serait un second pas vers une politique inspirée par la réduction des risques, la sécurité publique et les droits humains, loin de la prohibition punitive. La nouvelle frontière est là. [Résumé d'auteur]
ENGLISH:
In France, in the early 1990s, harm reduction activists were prudent about drug prohibition. They were opposed to the penalization of simple use because it represents an obstacle to prevention and care. Faced with the specialized care system, which explained that nothing could be done because of the law of 1970, they fought for needle exchange programs, substitution treatments, and access to care for drug users, especially injecting drug users with HIV. Now, in 2025, faced with the violence and corrupting ability of criminal organizations, the French government argues that drug users are the real problem: No drug users, no trafficking! Therefore, we must explain that drug users have no other choice than the black market, and we must fight for a radical change in drug policy. At a time when cannabis prohibition has been abandoned by several nations, we must continue to move forward. Coca leaf should be removed from the 1961 Convention. This would be a second step toward a policy inspired by harm reduction, public safety, and human rights, far from punitive prohibition. This is the new frontier. [Author's abstract]
En France, au début des années 1990, les militants de la réduction des risques étaient prudents sur la question de la prohibition des drogues. Ils étaient hostiles à la pénalisation de l'usage simple car c'est un obstacle à la prévention et au soin. Face au secteur de soins spécialisés qui expliquait que rien ne pouvait être fait à cause de la loi de 1970, ils se battaient pour les programmes d'échange de seringues, les traitements de substitution et l'accès aux soins pour les usagers de drogues, en particulier les injecteurs contaminés par le VIH.
Maintenant, en 2025, face à la violence et à la capacité de corruption des organisations criminelles, le gouvernement français explique que les usagers de drogues sont le vrai problème : pas d'usagers, pas de trafic ! Nous devons donc expliquer que les usagers de drogues n'ont pas d'autre choix que le marché noir et nous devons nous battre pour un changement radical des politiques de drogues. Si la prohibition du cannabis a été abandonnée par plusieurs pays, nous devons continuer à avancer. La feuille de coca devrait être retirée de la Convention de 1961. Ce serait un second pas vers une politique inspirée par la réduction des risques, la sécurité publique et les droits humains, loin de la prohibition punitive. La nouvelle frontière est là. [Résumé d'auteur]
ENGLISH:
In France, in the early 1990s, harm reduction activists were prudent about drug prohibition. They were opposed to the penalization of simple use because it represents an obstacle to prevention and care. Faced with the specialized care system, which explained that nothing could be done because of the law of 1970, they fought for needle exchange programs, substitution treatments, and access to care for drug users, especially injecting drug users with HIV. Now, in 2025, faced with the violence and corrupting ability of criminal organizations, the French government argues that drug users are the real problem: No drug users, no trafficking! Therefore, we must explain that drug users have no other choice than the black market, and we must fight for a radical change in drug policy. At a time when cannabis prohibition has been abandoned by several nations, we must continue to move forward. Coca leaf should be removed from the 1961 Convention. This would be a second step toward a policy inspired by harm reduction, public safety, and human rights, far from punitive prohibition. This is the new frontier. [Author's abstract]
Affiliation :
Médecin addictologue et activiste, France
Historique