Article de Périodique
Haltes soins addictions : un blocage politique en France, malgré deux expérimentations probantes (2025)
Auteur(s) :
Prescrire Rédaction
Année
2025
Page(s) :
377-384
Langue(s) :
Français
Refs biblio. :
35
Domaine :
Drogues illicites / Illicit drugs
Thésaurus géographique
FRANCE
Thésaurus mots-clés
REDUCTION DES RISQUES ET DES DOMMAGES
;
SALLE DE CONSOMMATION A MOINDRE RISQUE
;
POLITIQUE
;
EVALUATION
;
EXPERIMENTATION
;
SECTEUR ASSOCIATIF
Note de contenu :
Encadrés :
Petit glossaire des soins en addictologie
La réduction des risques et des dommages
Petit glossaire des soins en addictologie
La réduction des risques et des dommages
Résumé :
En 2016, deux associations à but non lucratif (loi 1901), l'une à Paris et l'autre à Strasbourg, ont ouvert chacune une "salle de consommation à moindre risque" avec l'autorisation du Ministère de la santé, dans le cadre d'une expérimentation nationale. En 2022, le Ministère a renommé ces lieux "haltes soins addictions", mais ils sont souvent désignés comme "salles de shoot", une appellation réductrice.
En mai 2021, une évaluation indépendante menée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a montré des effets positifs sur la santé publique, avec une diminution des infections par le VIH et le virus de l'hépatite C (VHC), complications cutanées liées aux injections, surdoses de substances (alias overdoses) ; et du nombre de passages aux urgences. Selon l'Inserm, le rapport coût-efficacité de ces lieux a été jugé « acceptable » au regard d'autres interventions sanitaires mises en oeuvre en France.
En 2022, le gouvernement a décidé de reconduire l'expérimentation jusqu'à décembre 2025, sans la pérenniser, et ce, malgré l'évaluation positive publiée par l'Inserm et l'avis favorable donné par une mission parlementaire en septembre 2021. Une mission d'inspection interministérielle a recommandé en octobre 2024 d'inscrire les haltes soins addictions dans le droit commun.
Début 2025, en dépit des forts besoins recensés auprès de la population qui fréquente ces lieux et des scènes de consommation dans les espaces urbains, toutes les initiatives pour ouvrir d'autres salles étaient bloquées par le Ministère de l'intérieur. Il semblerait que la vision sécuritaire portée par le dogme d'un monde sans drogue l'emporte sur une approche sanitaire et sociale pragmatique, qui a pourtant montré qu'elle était susceptible de recréer du lien et d'accompagner vers le soin des populations très vulnérables. [Extraits du résumé d'auteur]
En mai 2021, une évaluation indépendante menée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a montré des effets positifs sur la santé publique, avec une diminution des infections par le VIH et le virus de l'hépatite C (VHC), complications cutanées liées aux injections, surdoses de substances (alias overdoses) ; et du nombre de passages aux urgences. Selon l'Inserm, le rapport coût-efficacité de ces lieux a été jugé « acceptable » au regard d'autres interventions sanitaires mises en oeuvre en France.
En 2022, le gouvernement a décidé de reconduire l'expérimentation jusqu'à décembre 2025, sans la pérenniser, et ce, malgré l'évaluation positive publiée par l'Inserm et l'avis favorable donné par une mission parlementaire en septembre 2021. Une mission d'inspection interministérielle a recommandé en octobre 2024 d'inscrire les haltes soins addictions dans le droit commun.
Début 2025, en dépit des forts besoins recensés auprès de la population qui fréquente ces lieux et des scènes de consommation dans les espaces urbains, toutes les initiatives pour ouvrir d'autres salles étaient bloquées par le Ministère de l'intérieur. Il semblerait que la vision sécuritaire portée par le dogme d'un monde sans drogue l'emporte sur une approche sanitaire et sociale pragmatique, qui a pourtant montré qu'elle était susceptible de recréer du lien et d'accompagner vers le soin des populations très vulnérables. [Extraits du résumé d'auteur]
Affiliation :
France
Historique