Rapport
Substances psychoactives, usagers et marchés. Tendances récentes à Marseille et en Provence-Alpes-Côte d'Azur en 2024
Titre de série :
TREND
Auteur(s) :
DUPORT, C. ;
CASTELAS, V. ;
DURAND, A. ;
MERCIER, B.
Année
2025
Page(s) :
55 p.
Langue(s) :
Français
Éditeur(s) :
Paris : OFDT
;
Marseille : Addiction Méditerranée
Domaine :
Autres substances / Other substances ; Drogues illicites / Illicit drugs
Discipline :
MAR (Marchés / Markets)
Thésaurus géographique
FRANCE
;
PROVENCE-ALPES-COTE D'AZUR
Organismes
OFDT
Thésaurus mots-clés
REGION
;
ETUDE QUALITATIVE
;
PRODUIT ILLICITE
;
PRIX
;
TRAFIC
;
MARCHE DE LA DROGUE
;
MILIEU FESTIF
;
MILIEU URBAIN
;
VIOLENCE
;
MARGINAL
;
MEDICAMENTS
;
ALCOOL
;
DROGUES DE SYNTHESE
;
PAUVRETE
;
DIFFUSION DES PRODUITS
Résumé :
Bien que les observations et enquêtes réalisées en 2024 confirment la poursuite de la tendance à la diffusion des drogues observée depuis une vingtaine d'années à Marseille et en Provence-Alpes- Côte d'Azur (PACA), et de la dispersion des espaces d'usage et de vente sur le territoire régional, certains phénomènes présentent des nouveautés.
Sur le marché local, les usagers s'approvisionnent en produits selon quatre modalités de vente au détail : point de vente de rue ; vendeur « indépendant » ; usager-revendeur ; sites Internet (web de surface ou darknet). Cette diversité des modalités de vente rend la plupart des drogues disponibles et accessibles à tous les profils d'usagers, à l'exception de l'héroïne et du crack pour lesquels on n'observe pas de marché installé et durable sur le territoire régional.
En 2024, on observe toutefois une dispersion des points de vente de rue de cannabis et cocaïne, avec notamment l'installation de nouveaux points de vente en centre-ville de Marseille qui se présentent comme des micro-annexes de réseaux de cités. Il y est proposé de la résine de cannabis et de la cocaïne, y compris à de faibles quantités (pour 10 ou 20 €), de sorte que les usagers en situation de précarité n'ont plus besoin d'aller dans les cités excentrées pour acheter de la cocaïne. De ce fait, à Marseille, les usagers en contexte de marginalité urbaine sont plus visibles dans quelques quartiers du centre-ville où cette offre est présente.
Le phénomène marquant de l'année concernant cette population en situation de précarité est l'extension des consommations de cocaïne sous forme basée (crack), et ce sur l'ensemble du territoire régional, même hors des métropoles. Pour l'immense majorité, il s'agit de personnes qui étaient déjà usagères de cocaïne, sous forme injectée (parfois sniffée, mais rarement), et qui soit alternent entre l'injection et la base, soit ne consomment plus la cocaïne que sous forme basée. Plus généralement, les usagers en situation de précarité sont consommateurs d'alcool (souvent massivement) et, selon les opportunités, de médicaments psychotropes (dont ils ont un usage hors protocole médical), de cocaïne (injectée ou basée), de résine de cannabis. On note également une persistance - les intervenants parlent d'aggravation - des difficultés d'accès au logement, aux droits et aux soins, notamment psychiatriques.
En contexte festif, on observe une présence plus fréquente de consommations de kétamine et de cathinones, qui ne se limitent plus depuis 2021-2022 aux contextes festifs alternatifs (free parties et calages), mais gagnent des contextes festifs commerciaux ou privés. On note également à Marseille, eu égard aux importantes restrictions et répressions sur les fêtes nocturnes illégales (au-delà de 1 h du matin ou dans des lieux sans autorisation), de nouveaux moments et lieux festifs improvisés. Sans communication et avec peu d'organisation préalable, des collectifs posent leur système de sonorisation dans un lieu inédit où des publics se rendent, informés par le bouche-à-oreille. Dans ces nouveaux espaces festifs se retrouvent des publics assez divers, ce qui peut favoriser la diffusion de produits tels que les cathinones, la kétamine ou le gamma-butyrolactone (GBL), plus familiers des milieux alternatifs. [Résumé d'auteur]
Sur le marché local, les usagers s'approvisionnent en produits selon quatre modalités de vente au détail : point de vente de rue ; vendeur « indépendant » ; usager-revendeur ; sites Internet (web de surface ou darknet). Cette diversité des modalités de vente rend la plupart des drogues disponibles et accessibles à tous les profils d'usagers, à l'exception de l'héroïne et du crack pour lesquels on n'observe pas de marché installé et durable sur le territoire régional.
En 2024, on observe toutefois une dispersion des points de vente de rue de cannabis et cocaïne, avec notamment l'installation de nouveaux points de vente en centre-ville de Marseille qui se présentent comme des micro-annexes de réseaux de cités. Il y est proposé de la résine de cannabis et de la cocaïne, y compris à de faibles quantités (pour 10 ou 20 €), de sorte que les usagers en situation de précarité n'ont plus besoin d'aller dans les cités excentrées pour acheter de la cocaïne. De ce fait, à Marseille, les usagers en contexte de marginalité urbaine sont plus visibles dans quelques quartiers du centre-ville où cette offre est présente.
Le phénomène marquant de l'année concernant cette population en situation de précarité est l'extension des consommations de cocaïne sous forme basée (crack), et ce sur l'ensemble du territoire régional, même hors des métropoles. Pour l'immense majorité, il s'agit de personnes qui étaient déjà usagères de cocaïne, sous forme injectée (parfois sniffée, mais rarement), et qui soit alternent entre l'injection et la base, soit ne consomment plus la cocaïne que sous forme basée. Plus généralement, les usagers en situation de précarité sont consommateurs d'alcool (souvent massivement) et, selon les opportunités, de médicaments psychotropes (dont ils ont un usage hors protocole médical), de cocaïne (injectée ou basée), de résine de cannabis. On note également une persistance - les intervenants parlent d'aggravation - des difficultés d'accès au logement, aux droits et aux soins, notamment psychiatriques.
En contexte festif, on observe une présence plus fréquente de consommations de kétamine et de cathinones, qui ne se limitent plus depuis 2021-2022 aux contextes festifs alternatifs (free parties et calages), mais gagnent des contextes festifs commerciaux ou privés. On note également à Marseille, eu égard aux importantes restrictions et répressions sur les fêtes nocturnes illégales (au-delà de 1 h du matin ou dans des lieux sans autorisation), de nouveaux moments et lieux festifs improvisés. Sans communication et avec peu d'organisation préalable, des collectifs posent leur système de sonorisation dans un lieu inédit où des publics se rendent, informés par le bouche-à-oreille. Dans ces nouveaux espaces festifs se retrouvent des publics assez divers, ce qui peut favoriser la diffusion de produits tels que les cathinones, la kétamine ou le gamma-butyrolactone (GBL), plus familiers des milieux alternatifs. [Résumé d'auteur]
Affiliation :
Addiction Méditerranée, Marseille, France
Autre(s) lien(s) :
Analyse par Remaides (13/11/2025)
Historique