Article de Périodique
Campagne de sensibilisation aux cannabinoïdes de synthèse à La Réunion : évaluation et perspectives (2025)
Auteur(s) :
MAILLOT, A. ;
MÉTÉ, D.
Année
2025
Page(s) :
13-20
Langue(s) :
Français
Refs biblio. :
4
Domaine :
Drogues illicites / Illicit drugs
Thésaurus géographique
FRANCE
;
OUTRE-MER
;
LA REUNION
Thésaurus mots-clés
CANNABINOIDES
;
DROGUES DE SYNTHESE
;
PREVENTION
;
ADOLESCENT
;
JEUNE
;
EVALUATION
;
CAMPAGNE DE PREVENTION
;
FUMER
Résumé :
FRANÇAIS :
Les cannabinoïdes synthétiques (CS), connus sous le nom de "tabac chimique" à La Réunion, présentent un danger élevé pour la santé et un risque de soumission chimique. En réponse à plusieurs cas signalés en 2019, une campagne de prévention a été menée à Saint-Denis en 2022, ciblant les jeunes de 12 à 25 ans. La campagne a été déployée sur des bus et accompagnée d'une enquête auprès de 203 jeunes résidant principalement à Saint-Denis. Les données ont été collectées via des questionnaires administrés par des enquêteurs formés et analysées à l'aide du logiciel R. Près de 80 % des participants ont vu l'affiche, majoritairement via les bus (86 %). Cependant, seuls 14 % ont utilisé le QR code pour plus d'informations. La majorité des répondants (64 %) connaissait le tabac chimique, mais seuls 18 % savaient qu'il pouvait se présenter sous forme de cigarette manufacturée. Parmi les 15 % ayant déclaré en avoir consommé, 43 % rapportaient une soumission chimique, souvent non suivie de plainte. Le message de prévention a été compris : 83 % percevaient le danger et 77 % interviendraient pour prévenir un ami. La campagne a atteint une large visibilité et suscité des discussions, bien que des lacunes subsistent dans la reconnaissance des formes de tabac chimique. Une meilleure intégration des réseaux sociaux pourrait augmenter l'impact. Cette première campagne française sur les CS fumés montre une sensibilisation réussie, avec des pistes d'amélioration, notamment pour élargir sa portée et renforcer les réflexes de prévention individuelle et collective. [Résumé d'auteur]
ENGLISH:
Synthetic cannabinoids (SC), known as "tabac chimique" on Reunion Island, pose significant health risks and a potential for chemical submission. In response to several reported cases in 2019, a prevention campaign targeting young people aged 12 to 25 was conducted in Saint-Denis in 2022.The campaign was deployed on buses and accompanied by a survey involving 203 young individuals, primarily residents of Saint-Denis. Data were collected through questionnaires administered by trained investigators and analyzed using R software. Nearly 80% of participants noticed the campaign posters, mainly on buses (86%). However, only 14% scanned the QR code for additional information. While 64% of respondents were aware of chemical tobacco, only 18% recognized that it could also be presented as manufactured cigarettes. Among the 15% who reported using chemical tobacco, 43% experienced chemical submission, though complaints were rarely filed. The prevention message was understood: 83% acknowledged the dangers, and 77% stated they would intervene to warn a friend. The campaign achieved widespread visibility and prompted discussions, though gaps remain in recognizing the various forms of chemical tobacco. Greater integration of social media could enhance the campaign's impact. This pioneering French campaign addressing smoked SC demonstrated effective awareness-raising with promising results. Recommendations include broadening its reach and reinforcing individual and collective prevention behaviors, particularly by leveraging social media to extend its visibility. [Author's abstract]
Les cannabinoïdes synthétiques (CS), connus sous le nom de "tabac chimique" à La Réunion, présentent un danger élevé pour la santé et un risque de soumission chimique. En réponse à plusieurs cas signalés en 2019, une campagne de prévention a été menée à Saint-Denis en 2022, ciblant les jeunes de 12 à 25 ans. La campagne a été déployée sur des bus et accompagnée d'une enquête auprès de 203 jeunes résidant principalement à Saint-Denis. Les données ont été collectées via des questionnaires administrés par des enquêteurs formés et analysées à l'aide du logiciel R. Près de 80 % des participants ont vu l'affiche, majoritairement via les bus (86 %). Cependant, seuls 14 % ont utilisé le QR code pour plus d'informations. La majorité des répondants (64 %) connaissait le tabac chimique, mais seuls 18 % savaient qu'il pouvait se présenter sous forme de cigarette manufacturée. Parmi les 15 % ayant déclaré en avoir consommé, 43 % rapportaient une soumission chimique, souvent non suivie de plainte. Le message de prévention a été compris : 83 % percevaient le danger et 77 % interviendraient pour prévenir un ami. La campagne a atteint une large visibilité et suscité des discussions, bien que des lacunes subsistent dans la reconnaissance des formes de tabac chimique. Une meilleure intégration des réseaux sociaux pourrait augmenter l'impact. Cette première campagne française sur les CS fumés montre une sensibilisation réussie, avec des pistes d'amélioration, notamment pour élargir sa portée et renforcer les réflexes de prévention individuelle et collective. [Résumé d'auteur]
ENGLISH:
Synthetic cannabinoids (SC), known as "tabac chimique" on Reunion Island, pose significant health risks and a potential for chemical submission. In response to several reported cases in 2019, a prevention campaign targeting young people aged 12 to 25 was conducted in Saint-Denis in 2022.The campaign was deployed on buses and accompanied by a survey involving 203 young individuals, primarily residents of Saint-Denis. Data were collected through questionnaires administered by trained investigators and analyzed using R software. Nearly 80% of participants noticed the campaign posters, mainly on buses (86%). However, only 14% scanned the QR code for additional information. While 64% of respondents were aware of chemical tobacco, only 18% recognized that it could also be presented as manufactured cigarettes. Among the 15% who reported using chemical tobacco, 43% experienced chemical submission, though complaints were rarely filed. The prevention message was understood: 83% acknowledged the dangers, and 77% stated they would intervene to warn a friend. The campaign achieved widespread visibility and prompted discussions, though gaps remain in recognizing the various forms of chemical tobacco. Greater integration of social media could enhance the campaign's impact. This pioneering French campaign addressing smoked SC demonstrated effective awareness-raising with promising results. Recommendations include broadening its reach and reinforcing individual and collective prevention behaviors, particularly by leveraging social media to extend its visibility. [Author's abstract]
Affiliation :
Association Centre d'investigation clinique, INSERM CIC 1410, CHU de La Réunion, Saint-Pierre, La Réunion, France
Service d'Addictologie, CHU de La Réunion, Saint-Denis, La Réunion, France
Service d'Addictologie, CHU de La Réunion, Saint-Denis, La Réunion, France
Historique