Article de Périodique
Comment le cannabis peut favoriser les troubles psychotiques : conséquences, dépistage et prise en charge (2019)
(How cannabis can trigger psychotic disorders : Consequences, detection, and treatment)
Auteur(s) :
DERVAUX, A.
Année
2019
Page(s) :
672-678
Sous-type de document :
Revue de la littérature / Literature review
Langue(s) :
Français
Refs biblio. :
44
Domaine :
Drogues illicites / Illicit drugs
Discipline :
PSY (Psychopathologie / Psychopathology)
Thésaurus mots-clés
CANNABIS
;
CAST
;
PSYCHOSE
;
FACTEUR DE RISQUE
;
SCHIZOPHRENIE
;
DEPISTAGE
;
PRISE EN CHARGE
;
COMORBIDITE
;
PSYCHIATRIE
;
PSYCHOPATHOLOGIE
Note générale :
Travail présenté aux 37es journées de la Société de l'Information Psychiatrique, Antibes, 4-6 octobre 2018
Résumé :
FRANÇAIS :
Les relations complexes entre cannabis et psychoses ont fait l'objet de nombreux travaux depuis une vingtaine d'années. La consommation de cannabis peut s'accompagner de symptômes psychotiques chez certains sujets (jusqu'à 15 % des consommateurs) qui disparaissent avec l'élimination du Delta-9-THC de l'organisme. Elle peut aussi augmenter par deux le risque de troubles psychotiques, notamment de schizophrénie. Le risque est d'autant plus élevé que la consommation de cannabis a commencé précocement, qu'elle est importante, que le cannabis consommé est fortement dosé en Delta-9-THC, qu'il existe des antécédents familiaux de troubles psychotiques, des facteurs génétiques de vulnérabilité et des maltraitances dans l'enfance.
Chez les patients schizophrènes, la consommation de cannabis est très fréquente. Chez les patients présentant un premier épisode psychotique, un tiers présente aussi un abus/dépendance à l'alcool ou aux drogues. L'abus/dépendance au cannabis aggrave leur évolution : aggravation des symptômes positifs, augmentation du risque de troubles dépressifs, du risque suicidaire, des rechutes et des ré-hospitalisations. En revanche, l'évolution des sujets qui arrêtent leur consommation est beaucoup plus favorable que celle des patients qui la continuent. Pour cela, il est important de prendre en charge les patients le plus précocement possible, dans le cadre d'une approche addictologique, notamment motivationnelle, intégrée dans la prise en charge psychiatrique.
ENGLISH:
The complex relationships between cannabis and psychosis have been the subject of a number of studies in the last twenty years. Cannabis can induce transient psychotic-like symptoms in up to 15% of users, symptoms that disappear with the elimination of Delta-9-THC from the body. Several studies have found that cannabis also doubles the risk of psychotic disorders, in particular schizophrenia. The risk is even higher if cannabis use started at an early age, if it is consumed in large amounts, if it contains a high level of Delta-9-THC, if there is a family history of psychotic disorders, susceptible genetic factors, and a history of abuse in childhood. In schizophrenia patients, cannabis use is very common, and in patients experiencing their first psychotic episode, one third also present an abuse of or dependence on alcohol or drugs. Cannabis abuse is associated with more severe psychotic symptoms, worse medication adherence, more frequent relapses, rehospitalizations, and a greater risk of aggression, depressive symptoms, and suicidal behaviors. Meanwhile, those who stop using cannabis experience improvements in these domains. Results are better among first-episode patients who stopped using substances when compared to similar first-episode patients who continued substance use. Therefore, it is important to treat patients as early as possible and integrate a motivational approach to addiction into their psychiatric treatment.
Les relations complexes entre cannabis et psychoses ont fait l'objet de nombreux travaux depuis une vingtaine d'années. La consommation de cannabis peut s'accompagner de symptômes psychotiques chez certains sujets (jusqu'à 15 % des consommateurs) qui disparaissent avec l'élimination du Delta-9-THC de l'organisme. Elle peut aussi augmenter par deux le risque de troubles psychotiques, notamment de schizophrénie. Le risque est d'autant plus élevé que la consommation de cannabis a commencé précocement, qu'elle est importante, que le cannabis consommé est fortement dosé en Delta-9-THC, qu'il existe des antécédents familiaux de troubles psychotiques, des facteurs génétiques de vulnérabilité et des maltraitances dans l'enfance.
Chez les patients schizophrènes, la consommation de cannabis est très fréquente. Chez les patients présentant un premier épisode psychotique, un tiers présente aussi un abus/dépendance à l'alcool ou aux drogues. L'abus/dépendance au cannabis aggrave leur évolution : aggravation des symptômes positifs, augmentation du risque de troubles dépressifs, du risque suicidaire, des rechutes et des ré-hospitalisations. En revanche, l'évolution des sujets qui arrêtent leur consommation est beaucoup plus favorable que celle des patients qui la continuent. Pour cela, il est important de prendre en charge les patients le plus précocement possible, dans le cadre d'une approche addictologique, notamment motivationnelle, intégrée dans la prise en charge psychiatrique.
ENGLISH:
The complex relationships between cannabis and psychosis have been the subject of a number of studies in the last twenty years. Cannabis can induce transient psychotic-like symptoms in up to 15% of users, symptoms that disappear with the elimination of Delta-9-THC from the body. Several studies have found that cannabis also doubles the risk of psychotic disorders, in particular schizophrenia. The risk is even higher if cannabis use started at an early age, if it is consumed in large amounts, if it contains a high level of Delta-9-THC, if there is a family history of psychotic disorders, susceptible genetic factors, and a history of abuse in childhood. In schizophrenia patients, cannabis use is very common, and in patients experiencing their first psychotic episode, one third also present an abuse of or dependence on alcohol or drugs. Cannabis abuse is associated with more severe psychotic symptoms, worse medication adherence, more frequent relapses, rehospitalizations, and a greater risk of aggression, depressive symptoms, and suicidal behaviors. Meanwhile, those who stop using cannabis experience improvements in these domains. Results are better among first-episode patients who stopped using substances when compared to similar first-episode patients who continued substance use. Therefore, it is important to treat patients as early as possible and integrate a motivational approach to addiction into their psychiatric treatment.
Affiliation :
Service de psychiatrie et d’addictologie de liaison, CHU Sud, Amiens, France
Historique