Article de Périodique
Apports et limites des post-tests pour évaluer les campagnes média : l'exemple de Mois sans tabac (2018)
(Contributions and limits of post-tests to assess media campaigns: the example of Mois sans tabac)
Auteur(s) :
GUIGNARD, R. ;
ANDLER, R. ;
PASQUEREAU, A. ;
SMADJA, O. ;
WILQUIN, J. L. ;
GALL, B. ;
ARWIDSON, P. ;
NGUYEN THANH, V.
Année
2018
Page(s) :
304-309
Langue(s) :
Français
Refs biblio. :
23
Domaine :
Tabac / Tobacco / e-cigarette
Thésaurus géographique
FRANCE
Thésaurus mots-clés
CAMPAGNE DE PREVENTION
;
TABAC
;
MEDIA
;
EVALUATION
;
TEST
;
SEVRAGE
Résumé :
FRANÇAIS :
Les campagnes médiatiques de prévention ont pour objectif de modifier les attitudes ou les comportements de santé de la population. En complément des évaluations visant à mesurer l'efficacité de ces campagnes sur les changements d'attitudes ou de comportements, il est fréquent de conduire des études dites « post-tests », destinées à évaluer leur perception par le grand public au moment où elles sont diffusées et permettant notamment de faire évoluer les dispositifs de communication. L'objectif de cet article est de présenter les apports et les limites des post-tests, en prenant pour exemple ceux menés lors des campagnes « Mois sans tabac » de 2016 et 2017.
Ces post-tests ont été réalisés en novembre auprès d'échantillons de, respectivement, 2 017 et 2 039 individus de 15 ans et plus, sélectionnés selon la méthode des quotas et interrogés en face-à-face. La notoriété du dispositif testé est très élevée puisque 80% de la population a déclaré avoir entendu parler de Mois sans tabac ou avoir vu son logo en 2017. Lorsqu'on leur présentait les différents éléments média, 72% des personnes interrogées ont reconnu au moins un élément en 2017 (contre 62% pour la première édition de Mois sans tabac en 2016, p<0,05). Par ailleurs, en 2017, la campagne a été jugée incitative pour réfléchir à sa consommation de tabac par 52% des fumeurs, et incitative pour arrêter de fumer par 36% d'entre eux, ces proportions étant stables par rapport à 2016 et parmi les plus élevées des campagnes antitabac réalisées depuis 2004.
Au sein d'un protocole d'évaluation plus large comportant des mesures d'efficacité, les post-tests permettent de fournir rapidement et de façon relativement peu coûteuse de premières indications précieuses pour orienter les stratégies de communication futures.
ENGLISH:
Prevention media campaigns aim to change population health attitudes or behaviors. In addition to evaluations which measure the effectiveness of these campaigns on attitudes or behavior changes, it is common to conduct "post-test" studies. Their aim is to evaluate the perception of campaigns by the public at the moment they are broadcast, allowing, among other things, their improvement. The objective of this article is to present the strengths and limits of post-test studies, taking as an example the evaluation of Mois sans tabac 2016 and 2017 campaigns.
These post-tests were carried out in November on samples of, respectively, 2,017 and 2,039 individuals aged 15 and over, selected according to the quota method and interviewed face-to-face. The campaign awareness is very high since 80% of the population said they had heard of Mois sans tabac or had seen its logo in 2017. When presented with the different media elements, 72% of respondents recognized at least one in 2017 (compared to 62% in 2016, p<0.05). Moreover, in 2017, the campaign was considered as an incentive to think about one's tobacco consumption by 52% of smokers, and an incentive to stop smoking by 36% of them, these proportions being stable compared to the 2016 edition and among the highest of antismoking campaigns carried out since 2004. Within a broader evaluation protocol with effectiveness measures, post-tests quickly and quite inexpensively provide valuable first indications that are useful to guide future communication strategies.
Les campagnes médiatiques de prévention ont pour objectif de modifier les attitudes ou les comportements de santé de la population. En complément des évaluations visant à mesurer l'efficacité de ces campagnes sur les changements d'attitudes ou de comportements, il est fréquent de conduire des études dites « post-tests », destinées à évaluer leur perception par le grand public au moment où elles sont diffusées et permettant notamment de faire évoluer les dispositifs de communication. L'objectif de cet article est de présenter les apports et les limites des post-tests, en prenant pour exemple ceux menés lors des campagnes « Mois sans tabac » de 2016 et 2017.
Ces post-tests ont été réalisés en novembre auprès d'échantillons de, respectivement, 2 017 et 2 039 individus de 15 ans et plus, sélectionnés selon la méthode des quotas et interrogés en face-à-face. La notoriété du dispositif testé est très élevée puisque 80% de la population a déclaré avoir entendu parler de Mois sans tabac ou avoir vu son logo en 2017. Lorsqu'on leur présentait les différents éléments média, 72% des personnes interrogées ont reconnu au moins un élément en 2017 (contre 62% pour la première édition de Mois sans tabac en 2016, p<0,05). Par ailleurs, en 2017, la campagne a été jugée incitative pour réfléchir à sa consommation de tabac par 52% des fumeurs, et incitative pour arrêter de fumer par 36% d'entre eux, ces proportions étant stables par rapport à 2016 et parmi les plus élevées des campagnes antitabac réalisées depuis 2004.
Au sein d'un protocole d'évaluation plus large comportant des mesures d'efficacité, les post-tests permettent de fournir rapidement et de façon relativement peu coûteuse de premières indications précieuses pour orienter les stratégies de communication futures.
ENGLISH:
Prevention media campaigns aim to change population health attitudes or behaviors. In addition to evaluations which measure the effectiveness of these campaigns on attitudes or behavior changes, it is common to conduct "post-test" studies. Their aim is to evaluate the perception of campaigns by the public at the moment they are broadcast, allowing, among other things, their improvement. The objective of this article is to present the strengths and limits of post-test studies, taking as an example the evaluation of Mois sans tabac 2016 and 2017 campaigns.
These post-tests were carried out in November on samples of, respectively, 2,017 and 2,039 individuals aged 15 and over, selected according to the quota method and interviewed face-to-face. The campaign awareness is very high since 80% of the population said they had heard of Mois sans tabac or had seen its logo in 2017. When presented with the different media elements, 72% of respondents recognized at least one in 2017 (compared to 62% in 2016, p<0.05). Moreover, in 2017, the campaign was considered as an incentive to think about one's tobacco consumption by 52% of smokers, and an incentive to stop smoking by 36% of them, these proportions being stable compared to the 2016 edition and among the highest of antismoking campaigns carried out since 2004. Within a broader evaluation protocol with effectiveness measures, post-tests quickly and quite inexpensively provide valuable first indications that are useful to guide future communication strategies.
Affiliation :
Santé publique France, Saint-Maurice, France
Historique