Rapport
La politique de lutte contre la drogue et la toxicomanie
Auteur(s) :
GEISLER, A. ;
MARTIN, A. ;
VAISSE, J.
Année
1998
Page(s) :
42 p.
Langue(s) :
Français
Éditeur(s) :
Paris : IEP de Paris
Refs biblio. :
26
Domaine :
Drogues illicites / Illicit drugs
Discipline :
LOI (Loi et son application / Law enforcement)
Thésaurus mots-clés
LUTTE
;
POLITIQUE
;
POUVOIRS PUBLICS
;
EVALUATION
;
LEGISLATION
Thésaurus géographique
FRANCE
Résumé :
Dresser un bilan à ce jour de la politique publique de lutte contre la drogue et la toxicomanie requiert une réponse préalable à cette question : faut-il la juger comme un tout, et d'après ses objectifs initiaux (disparition du phénomène par répression et sevrage), ou faire la moyenne du bilan de chaque politique sectorielle dont elle est aujourd'hui constituée?
Si l'on adopte la première solution, le bilan de cette politique publique est clairement négatif. Le phénomène dont visait l'éradication s'est amplifié, il a touché les masses et non plus une fraction de la population, il s'est diversifié, et ses effets sur la délinquance et sur l'état sanitaire de la population ont empiré. Plus grave encore, les objectifs d'action publique, en se superposant, ont abouti à créer un dispositif incohérent dans ses fondements et "schizophrénique" - à cause de la contradiction majeure entre répression et réduction des risques sanitaires, et donc de l'admission officielle du phénomène qu'on s'emploie dans le même temps à éradiquer. A cet égard, la loi de 1970 est un symbole du décalage chaque jour plus gênant entre les différents cadres d'action publique et la réalité du phénomène dans la société et tel qu'il est pris en charge sur le terrain par les pouvoirs publics eux-mêmes. Inefficace au regard de ses propres buts, la politique publique de lutte contre la drogue et la toxicomanie se signale par un défaut de cohérence d'ensemble qui explique en grande partie son échec.
Mais si l'on adopte la seconde solution, si l'on observe les résultats sectoriels, l'idée d'échec doit être nuancée. Non pas seulement pour rendre hommage aux équipes de terrain dont l'efficacité et le dévouement sont notoires, mais parce qu'il existe certains résultats incontestablement positifs. On citera simplement le cas de la politique de réduction des risques sanitaires qui, bien que venue trop tard, a permis de limiter les dégâts sanitaires liés à la toxicomanie et ce, c'est le plus important, grâce à une adaptation des outils d'action du cadre administratif - que l'on pense aux dispositifs nouveaux et mieux adaptés: bus et boutiques par exemple. Ainsi tout n'est pas sombre dans ce bilan qui reste globalement négatif.(Extrait du document)
Si l'on adopte la première solution, le bilan de cette politique publique est clairement négatif. Le phénomène dont visait l'éradication s'est amplifié, il a touché les masses et non plus une fraction de la population, il s'est diversifié, et ses effets sur la délinquance et sur l'état sanitaire de la population ont empiré. Plus grave encore, les objectifs d'action publique, en se superposant, ont abouti à créer un dispositif incohérent dans ses fondements et "schizophrénique" - à cause de la contradiction majeure entre répression et réduction des risques sanitaires, et donc de l'admission officielle du phénomène qu'on s'emploie dans le même temps à éradiquer. A cet égard, la loi de 1970 est un symbole du décalage chaque jour plus gênant entre les différents cadres d'action publique et la réalité du phénomène dans la société et tel qu'il est pris en charge sur le terrain par les pouvoirs publics eux-mêmes. Inefficace au regard de ses propres buts, la politique publique de lutte contre la drogue et la toxicomanie se signale par un défaut de cohérence d'ensemble qui explique en grande partie son échec.
Mais si l'on adopte la seconde solution, si l'on observe les résultats sectoriels, l'idée d'échec doit être nuancée. Non pas seulement pour rendre hommage aux équipes de terrain dont l'efficacité et le dévouement sont notoires, mais parce qu'il existe certains résultats incontestablement positifs. On citera simplement le cas de la politique de réduction des risques sanitaires qui, bien que venue trop tard, a permis de limiter les dégâts sanitaires liés à la toxicomanie et ce, c'est le plus important, grâce à une adaptation des outils d'action du cadre administratif - que l'on pense aux dispositifs nouveaux et mieux adaptés: bus et boutiques par exemple. Ainsi tout n'est pas sombre dans ce bilan qui reste globalement négatif.(Extrait du document)
Historique