Article de Périodique
Facteurs prédictifs de la réponse à la buprénorphine en traitement substitutif des héroïnomanies : résultats d'une étude multicentrique sur 73 patients (2001)
[Predictive factors of response to buprenorphine in the substitutive treatment of heroin addicts. Results of a multicenter study of 73 patients]
Auteur(s) :
LAQUEILLE, X. ;
POIRIER, M. F. ;
JALFRE, V. ;
BOURDEL, M. C. ;
WILLARD, D. ;
OLIÉ, J. P.
Année
2001
Page(s) :
1581-1585
Langue(s) :
Français
Refs biblio. :
23
Domaine :
Drogues illicites / Illicit drugs
Thésaurus mots-clés
BUPRENORPHINE
;
SUBSTITUTION
;
EFFICACITE
;
ENQUETE
;
PSYCHOPATHOLOGIE
;
ASI
;
DEPRESSION
;
EPIDEMIOLOGIE DESCRIPTIVE
Thésaurus géographique
FRANCE
Résumé :
FRANÇAIS :
La buprénorphine est proposée en alternative de la méthadone dans le traitement de substitution des toxicomanies aux opiacés avec une plus grande sécurité d'usage et des coûts moindres en terme de santé publique. Une étude a été menée chez 73 patients traités pendant 3 mois à posologie adaptable. La réponse au traitement était définie par un double critère : maintien dans l'étude à 3 mois et absence d'opiacés dans 75 % des prélèvements urinaires du dernier mois. 48 sujets ont été répondeurs. Les variables cliniques déterminantes pour cette réponse sont : une ancienneté de la dépendance opiacée inférieure à 10 ans, un score psychopathologique à l'ASI élevé, l'absence de profil dépressif au MMPI, une faible désinhibition à l'échelle de recherche de sensation de Zuckerman. A l'inverse, la posologie de buprénorphine dans les limites de l'autorisation de mise sur le marché n'intervient pas sur la réponse. La buprénorphine, agoniste partiel avec un effet plafond, doit être réservée aux héroïnomanes de moins de 10 ans chez des sujets sans profil dépressif et présentant une faible désinhibition à l'échelle de recherche de sensation.
ENGLISH:
OBJECTIVE: Buprenorphine has a partial morphine-agonist pharmacological profile. It is proposed as alternative to methadone in opiate drug addicts with greater safety of use and less cost in terms of public health. The aim of this study was to determine the clinical factors of response to this molecule. METHOD: The study was conducted in 73 patients treated for 3 months with adaptable doses. Mean dose was 8.5 mg/d (range: 3 to 16 mg/d). Response to treatment was defined as: still in the study at 3 months and absence of opiates in 75% of urinary samples over the past month. RESULTS: Forty-eight patients responded and 25 did not. The determinating clinical variables of response were: opiate drug addiction less than 10 years, high score on the Addiction Severity Index (ASI), absence of depression according to the Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI) and low rate of disinhibition on Zukerman's sensation seeking scale. Conversely, the dose of buprenorphine within the limits specified in the Marketing Authorisation did not intervene in the response. CONCLUSION: In view of its partial agonist effect, administration of buprenorphine must be reserved for patients addicted to opiates for less than 10 years, non-depressive and with low disinhibition on Zukerman's scale.
La buprénorphine est proposée en alternative de la méthadone dans le traitement de substitution des toxicomanies aux opiacés avec une plus grande sécurité d'usage et des coûts moindres en terme de santé publique. Une étude a été menée chez 73 patients traités pendant 3 mois à posologie adaptable. La réponse au traitement était définie par un double critère : maintien dans l'étude à 3 mois et absence d'opiacés dans 75 % des prélèvements urinaires du dernier mois. 48 sujets ont été répondeurs. Les variables cliniques déterminantes pour cette réponse sont : une ancienneté de la dépendance opiacée inférieure à 10 ans, un score psychopathologique à l'ASI élevé, l'absence de profil dépressif au MMPI, une faible désinhibition à l'échelle de recherche de sensation de Zuckerman. A l'inverse, la posologie de buprénorphine dans les limites de l'autorisation de mise sur le marché n'intervient pas sur la réponse. La buprénorphine, agoniste partiel avec un effet plafond, doit être réservée aux héroïnomanes de moins de 10 ans chez des sujets sans profil dépressif et présentant une faible désinhibition à l'échelle de recherche de sensation.
ENGLISH:
OBJECTIVE: Buprenorphine has a partial morphine-agonist pharmacological profile. It is proposed as alternative to methadone in opiate drug addicts with greater safety of use and less cost in terms of public health. The aim of this study was to determine the clinical factors of response to this molecule. METHOD: The study was conducted in 73 patients treated for 3 months with adaptable doses. Mean dose was 8.5 mg/d (range: 3 to 16 mg/d). Response to treatment was defined as: still in the study at 3 months and absence of opiates in 75% of urinary samples over the past month. RESULTS: Forty-eight patients responded and 25 did not. The determinating clinical variables of response were: opiate drug addiction less than 10 years, high score on the Addiction Severity Index (ASI), absence of depression according to the Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI) and low rate of disinhibition on Zukerman's sensation seeking scale. Conversely, the dose of buprenorphine within the limits specified in the Marketing Authorisation did not intervene in the response. CONCLUSION: In view of its partial agonist effect, administration of buprenorphine must be reserved for patients addicted to opiates for less than 10 years, non-depressive and with low disinhibition on Zukerman's scale.
Affiliation :
Centre Hospitalier Sainte-Anne, Paris ; Université Paris V René Descartes, France
Cote :
A00815
Historique