Périodique
Du haschichin au drogué : constances et mutations de la sociologie des usagers de stupéfiants (1916-1939)
Auteur(s) :
RETAILLAUD-BAJAC, E.
Année
2001
Page(s) :
83-104
Langue(s) :
Français
Refs biblio. :
64
Domaine :
Drogues illicites / Illicit drugs
Thésaurus mots-clés
CATEGORIE SOCIO-PROFESSIONNELLE
;
HISTOIRE
;
PRODUIT ILLICITE
;
SOCIOLOGIE
;
EVOLUTION
;
USAGER
;
LEGISLATION
Thésaurus géographique
FRANCE
Note générale :
Mouvement Social (Le), 2001, (197), 83-104
Note de contenu :
ann.
Résumé :
FRANÇAIS :
Chercher à caractériser la sociologie des consommateurs de stupéfiants reste, hier comme aujourd'hui, une tâche délicate. L'entreprise met en cause la définition même de catégories peu à peu constituées en objet d'évidence les « drogués », la « toxicomanie » - qu'une étude historique permet pourtant d'interroger, voire de déconstruire. Il existe, pour commencer, plusieurs types de produits « stupéfiants » (opium et ses principaux dérivés telles la morphine et l'héroïne, cocaïne, haschich...) qui ne sauraient susciter le même type d'usages ni concerner des profils de consommateurs identiques. Pourtant la médecine puis la loi ont peu à peu subsumé leurs utilisateurs sous un vocable unique, créant par là une catégorie spécifique, et apparemment homogène, de malades ou de déviants. D'autre part, des formes d'usages ponctuels et récréatifs aux toxicomanies lourdes, on relève toute une gradation dans l'échelle des implications aux psychotropes, elles-mêmes articulées à des attentes et à des motivations très différentes. Selon la catégorie de produits, le type de lien à la drogue, et le moment pris en compte dans l'histoire d'une toxicomanie, est-ce tout à fait les mêmes populations que l'on est susceptible de rencontrer et de décrire ? Enfin, les catégories « drogues » et « drogués » n'ont pas la même autonomie ni la même force d'évidence selon les périodes prises en compte. Plus l'on remonte dans le temps, plus flous apparaissent leurs contours, tandis qu'à l'inverse, l'élaboration au cours du XIXe siècle d'une pathologie puis d'un « vice » toxicomaniaque distincts, la réprobation sociale que ce processus mobilise et renforce, et surtout la criminalisation des circuits de la drogue qu'entraîne l'adoption d'une loi répressive en 1916 ont contribué à fabriquer un univers autonome de la drogue, et peut-être de ce fait à en homogénéiser la sociologie. (Extrait du document)
Chercher à caractériser la sociologie des consommateurs de stupéfiants reste, hier comme aujourd'hui, une tâche délicate. L'entreprise met en cause la définition même de catégories peu à peu constituées en objet d'évidence les « drogués », la « toxicomanie » - qu'une étude historique permet pourtant d'interroger, voire de déconstruire. Il existe, pour commencer, plusieurs types de produits « stupéfiants » (opium et ses principaux dérivés telles la morphine et l'héroïne, cocaïne, haschich...) qui ne sauraient susciter le même type d'usages ni concerner des profils de consommateurs identiques. Pourtant la médecine puis la loi ont peu à peu subsumé leurs utilisateurs sous un vocable unique, créant par là une catégorie spécifique, et apparemment homogène, de malades ou de déviants. D'autre part, des formes d'usages ponctuels et récréatifs aux toxicomanies lourdes, on relève toute une gradation dans l'échelle des implications aux psychotropes, elles-mêmes articulées à des attentes et à des motivations très différentes. Selon la catégorie de produits, le type de lien à la drogue, et le moment pris en compte dans l'histoire d'une toxicomanie, est-ce tout à fait les mêmes populations que l'on est susceptible de rencontrer et de décrire ? Enfin, les catégories « drogues » et « drogués » n'ont pas la même autonomie ni la même force d'évidence selon les périodes prises en compte. Plus l'on remonte dans le temps, plus flous apparaissent leurs contours, tandis qu'à l'inverse, l'élaboration au cours du XIXe siècle d'une pathologie puis d'un « vice » toxicomaniaque distincts, la réprobation sociale que ce processus mobilise et renforce, et surtout la criminalisation des circuits de la drogue qu'entraîne l'adoption d'une loi répressive en 1916 ont contribué à fabriquer un univers autonome de la drogue, et peut-être de ce fait à en homogénéiser la sociologie. (Extrait du document)
Affiliation :
France. France.
Cote :
A03857
Historique