Périodique
Se faire un corps étranger
(To get oneself a strange body)
Auteur(s) :
LE POULICHET, S.
Année
1991
Langue(s) :
Français
ISBN :
0223-565X
Refs biblio. :
27
Domaine :
Drogues illicites / Illicit drugs
Note générale :
Nouvelle Revue de Psychanalyse, 1991, (43), 249-263
Résumé :
FRANÇAIS :
Avec la notion d'excès, l'auteur ordonne un pan de l'élaboration freudienne afin de soutenir, concernant la toxicomanie, que "le toxique est (...) lieu d'une destruction du temps et de la confusion des mémoires". L'acte toxicomaniaque apparaît comme un traitement d'un sexuel surgissant sur le mode de l'excès (i.e. ce qui revient, dans une dimension d'après-coup). Il fait suite à l'échec (ou au refus) des voies du symptôme et du fantasme par où le sexuel, en sa dimension constituante d'étrangeté et d'aliénation, prend usuellement corps (intime/étranger). L'incorporation du toxique, incorporation d'un corps étranger, traduirait une tentative de "se faire un corps étranger". Procès finalement narcissique, parant à l'aliénation (de lieu, de lien) et à la temporalité (le devenir autre) - auxquelles n'échappe pas l'être sexué. Le toxique, pharmakon (tentative de guérison) plutôt qu'agent d'autodestruction, est opérateur autoérotique, autoconservateur, visant à circonscrire une jouissance effrenée d'un corps indéfiniment livré à l'autre. De ce développement sont dégagés quelques principes pour conduire une cure d'un toxicomane... où il s'agira, par la parole, de rendre possible un arrêt du corps en sa course autoérotique. Puisse alors l'autre faire ainsi son entrée et s'ouvrir les temps et univers circulaires (formations narcissiques), en une brêche parturiante d'un symptôme sous transfert.
Avec la notion d'excès, l'auteur ordonne un pan de l'élaboration freudienne afin de soutenir, concernant la toxicomanie, que "le toxique est (...) lieu d'une destruction du temps et de la confusion des mémoires". L'acte toxicomaniaque apparaît comme un traitement d'un sexuel surgissant sur le mode de l'excès (i.e. ce qui revient, dans une dimension d'après-coup). Il fait suite à l'échec (ou au refus) des voies du symptôme et du fantasme par où le sexuel, en sa dimension constituante d'étrangeté et d'aliénation, prend usuellement corps (intime/étranger). L'incorporation du toxique, incorporation d'un corps étranger, traduirait une tentative de "se faire un corps étranger". Procès finalement narcissique, parant à l'aliénation (de lieu, de lien) et à la temporalité (le devenir autre) - auxquelles n'échappe pas l'être sexué. Le toxique, pharmakon (tentative de guérison) plutôt qu'agent d'autodestruction, est opérateur autoérotique, autoconservateur, visant à circonscrire une jouissance effrenée d'un corps indéfiniment livré à l'autre. De ce développement sont dégagés quelques principes pour conduire une cure d'un toxicomane... où il s'agira, par la parole, de rendre possible un arrêt du corps en sa course autoérotique. Puisse alors l'autre faire ainsi son entrée et s'ouvrir les temps et univers circulaires (formations narcissiques), en une brêche parturiante d'un symptôme sous transfert.
Affiliation :
France. France.
Historique