Périodique
Entre toxicomanie et sida: le docteur
(Between drug addiction and aids: the doctor)
Auteur(s) :
GERAUD, B.
Année
1993
Langue(s) :
Français
Domaine :
Drogues illicites / Illicit drugs
Thésaurus mots-clés
PRISE EN CHARGE
;
SIDA
;
HOPITAL
;
PRODUIT DE SUBSTITUTION
;
ETHIQUE
;
RELATION THERAPEUTIQUE
Note générale :
Impact Médecin Hebdo, les dossiers du Praticien, Sida guide pratique, 1993, (195), 69-70
Résumé :
FRANÇAIS :
Comment imaginer que la façon, la décision d'affronter son état infectieux, ne soient pas liées pour le toxicomane aux modalités de prise en charge rencontrées en ce qui concerne sa toxicomanie. Le sida est dans la toxicomanie. La difficulté est bien de prendre en compte ces deux aspects du problème posé à la médecine, sans compter que le plaisir et la mort ne sont pas spécifiquement du champ de la scientificité. Conserver notre fonction de soignant, préserver nos possibilités d'identification à ceux qui nous demanderont de les traiter, je n'en connais pas de repère plus assuré que la demande du sujet. Elle fonde, en ces temps d'impératifs de santé publique, la spécificité de la position médicale. Ce que l'on a appelé "le système de soins français" pour les toxicomanes est basé, à travers la loi du 31 décembre 1970, sur cette fameuse demande, toujours aussi suspecte, voire impensable, au point que les tentatives se renouvellent constamment de s'en passer ou de la rendre obligatoire. Il n'existe pas de statut juridique du corps humain. De son corps, chacun est propriétaire, sans en avoir la jouissance entière. La jouissance c'est toujours celle de l'autre.
Comment imaginer que la façon, la décision d'affronter son état infectieux, ne soient pas liées pour le toxicomane aux modalités de prise en charge rencontrées en ce qui concerne sa toxicomanie. Le sida est dans la toxicomanie. La difficulté est bien de prendre en compte ces deux aspects du problème posé à la médecine, sans compter que le plaisir et la mort ne sont pas spécifiquement du champ de la scientificité. Conserver notre fonction de soignant, préserver nos possibilités d'identification à ceux qui nous demanderont de les traiter, je n'en connais pas de repère plus assuré que la demande du sujet. Elle fonde, en ces temps d'impératifs de santé publique, la spécificité de la position médicale. Ce que l'on a appelé "le système de soins français" pour les toxicomanes est basé, à travers la loi du 31 décembre 1970, sur cette fameuse demande, toujours aussi suspecte, voire impensable, au point que les tentatives se renouvellent constamment de s'en passer ou de la rendre obligatoire. Il n'existe pas de statut juridique du corps humain. De son corps, chacun est propriétaire, sans en avoir la jouissance entière. La jouissance c'est toujours celle de l'autre.
Affiliation :
Ctre Méd. Marmottan, 19 r. Armaillé, 75017 Paris
France. France.
France. France.
Historique