Périodique
Apport des usagers de drogues aux médecins généralistes
(What do general practitionners get out of drug addicts ?)
Auteur(s) :
DENIS, B. ;
HOFFMAN, A. ;
JACQUES, C. ;
LAFONTAINE, J. B. ;
ROMAIN J. G.
Année
1999
Page(s) :
9-13
Langue(s) :
Français
Refs biblio. :
6
Domaine :
Drogues illicites / Illicit drugs
Thésaurus géographique
BELGIQUE
Thésaurus mots-clés
MEDECIN GENERALISTE
;
RELATION THERAPEUTIQUE
;
EVOLUTION
;
PRISE EN CHARGE
;
RESEAU DE SOINS
;
TRANSFERT
;
RECHERCHE
Note générale :
Santé Conjuguée, 1999, (9), 9-13
Résumé :
FRANÇAIS :
Une particularité de la prise en charge des héroïnomanes en Belgique francophone est que la plupart d'entr'eux est suivi dans le cadre d'une pratique privée de médecine générale. Les médecins-auteurs de cet article sont impliqués dans ce type de prise en charge et se sont structurés en groupes d'intervision du réseau ALTO (ALternatives à la TOxicomanie). L'article est le fruit de l'expérience de 5 années de fonctionnement de ces groupes et précise les principales modifications que cette prise en charge de toxicomanes a induit dans la pratique médicale. Elle a d'abord rajeuni la population des salles d'attente avec ce que les auteurs appellent l'irruption des jeunes chroniques (jeunes dépendants que les médecins voient dans le cadre d'un traitement de substitution tous les 10 à 15 jours, pendant des mois ou des années). La prise en charge des usagers de drogue permet également de mettre en tension les limites de la médecine : il situe clairement le médecin généraliste comme intervenant polyvalent qui se trouve à l'intersection de domaines artificiellement cloisonnés (le médical, le social, le judiciaire, le psychologique), l'amenant à se redéfinir sans cesse. Le médecin s'expose à l'interpellation de l'ensemble du corps social et est confronté à la nécessité de lui renvoyer les questions dont il veut se débarrasser. Pour de nombreux médecins la prise en charge des usagers de drogue a été une formation accélérée et compacte à la gestion de la relation transférentielle, tout comme leurs patients les médecins apprennent à supporter l'échec et le manque (notamment le manque de pouvoir sur l'autre). D'autres apports sont : - l'apprentissage du nécessaire travail en réseau, qui s'avère être un bénéfice appréciable pour de nombreux autres problèmes rencontrés dans la pratique : maltraitance, cas sociaux etc. et - l'apprentissage de la recherche en médecine générale.
Une particularité de la prise en charge des héroïnomanes en Belgique francophone est que la plupart d'entr'eux est suivi dans le cadre d'une pratique privée de médecine générale. Les médecins-auteurs de cet article sont impliqués dans ce type de prise en charge et se sont structurés en groupes d'intervision du réseau ALTO (ALternatives à la TOxicomanie). L'article est le fruit de l'expérience de 5 années de fonctionnement de ces groupes et précise les principales modifications que cette prise en charge de toxicomanes a induit dans la pratique médicale. Elle a d'abord rajeuni la population des salles d'attente avec ce que les auteurs appellent l'irruption des jeunes chroniques (jeunes dépendants que les médecins voient dans le cadre d'un traitement de substitution tous les 10 à 15 jours, pendant des mois ou des années). La prise en charge des usagers de drogue permet également de mettre en tension les limites de la médecine : il situe clairement le médecin généraliste comme intervenant polyvalent qui se trouve à l'intersection de domaines artificiellement cloisonnés (le médical, le social, le judiciaire, le psychologique), l'amenant à se redéfinir sans cesse. Le médecin s'expose à l'interpellation de l'ensemble du corps social et est confronté à la nécessité de lui renvoyer les questions dont il veut se débarrasser. Pour de nombreux médecins la prise en charge des usagers de drogue a été une formation accélérée et compacte à la gestion de la relation transférentielle, tout comme leurs patients les médecins apprennent à supporter l'échec et le manque (notamment le manque de pouvoir sur l'autre). D'autres apports sont : - l'apprentissage du nécessaire travail en réseau, qui s'avère être un bénéfice appréciable pour de nombreux autres problèmes rencontrés dans la pratique : maltraitance, cas sociaux etc. et - l'apprentissage de la recherche en médecine générale.
Affiliation :
Belgique. Belgium.
Historique