Article de Périodique
Traitement cognitivo-comportemental du tabagisme (2000)
(Cognitive-behavioural therapy of smoking)
Auteur(s) :
AUBIN, H. J. ;
TILIKETE, S. ;
LAHMEK P.
Année
2000
Page(s) :
313-318
Langue(s) :
Français
Refs biblio. :
11
Domaine :
Tabac / Tobacco / e-cigarette
Thésaurus mots-clés
SEVRAGE
;
ABSTINENCE
;
THERAPIE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE
;
STRATEGIE ACTIVE D'ADAPTATION
;
CONDITIONNEMENT
;
RECHUTE
;
FACTEUR DE RISQUE
;
PREVENTION
Note générale :
lcoologie et Addictologie, 2000, 22, (4), 313-318
Résumé :
FRANÇAIS :
Les techniques actuelles de thérapie cognitivo-comportementale appliquées au tabagisme ont essentiellement pour objectif l'apprentissage de stratégies permettant de faire face aux situations à haut risque, aux envies de fumer, et éventuellement à un faux pas ; elles multiplient en général par deux le taux d'abstinence tabagique six mois après l'arrêt. Les situations à haut risque peuvent être liées à l'environnement (repas, alcool, fumeurs, fêtes ...) ou à des émotions (colère, tristesse, ennui ...). D'autres situations déclenchantes, plus spécifiques selon l'individu, sont la conséquence des différents conditionnements qui se seront constitués au fil de la carrière du fumeur (café, téléphone, voiture ...). La préparation à l'arrêt du tabac peut démarrer par une phase d'auto-observation, qui permettra de repérer un certain nombre de situations déclenchantes systématiquement associées à la prise d'une cigarette. Le thérapeute pourra alors éventuellement proposer une période de dissociation entre le stimulus et la réponse comportementale (allumer une cigarette). C'est également avant l'arrêt du tabac que l'on commence à organiser et renforcer le soutien social. Après l'arrêt du tabac, les différentes stratégies de coping concernent les envies de fumer (contrôle du stimulus, stratégies cognitives d'opposition, stratégie cognitive d'accompagnement, stratégies comportementales). Au delà des envies de fumer, phénomènes ponctuels répondant le plus souvent à une situation déclenchante, il arrive que le patient développe des pensées liées au tabac, plus insidieuses et chroniques. Les stratégies de coping reposent sur une première phase de reconnaissance du processus cognitif, puis de mise en place de stratégies cognitives et comportementales spécifiques. On peut également accompagner le patient dans les décisions qui peuvent interférer avec les situations à risque (conserver du tabac à la maison, annoncer qu'on a arrêté de fumer, fréquenter les lieux à risque, planifier son temps libre ...). Enfin, il est utile de préparer, avec le patient, un plan d'urgence pour la gestion d'un éventuel faux pas, en prévenant l'effet de violation de l'abstinence. Une gestion réussie de la situation à haut risque ou du faux pas induit un renforcement de l'abstinence par augmentation de la confiance en soi et amélioration de ses compétences. (Résumé d'auteur)
ENGLISH :
Current cognitive-behavioural therapy techniques applied to smoking are essentially designed to teach the patient strategies of coping with high-risk situations, urges to smoke, and possible relapses. Understanding followed by mastery of these strategies increase the subject's confidence in his or her capacities to achieve the defined goal. Cognitive-behavioural therapies generally double smoking abstinence rates six months after cessation compared to control groups. High-risk situations can be related to the environment (meals, alcohol, smokers, parties, etc.) or to emotions (anger, negative thoughts, etc.). Other triggering situations, more specific to the individual, are the consequence of various conditionings developed during the smoker's lifetime (coffee, telephone, car, etc.). Preparation for smoking cessation can start with a self-observation phase in order to detect a certain number of triggering situations systematically associated with smoking. The therapist could then possibly propose a period of dissociation between the stimulus and the behavioural response (lighting a cigarette). Social support must also be organized and reinforced prior to smoking cessation. After smoking cessation, the various coping strategies concern urges to smoke (control of the stimulus, cognitive opposition strategies, cognitive accompaniment strategy, behavioural strategies). Apart from urges to smoke, isolated phenomena usually corresponding to a triggering situation, the patient sometimes experiences more insidious and chronic thoughts related to smoking. Coping strategies are based on a preliminary phase of recognition of the cognitive process, followed by the setting up of specific cognitive and behavioural strategies. The patient can also be assisted in his or her decisions which can interfere with high-risk situations (keeping cigarettes in the house, announcing that one has stopped smoking, frequenting high-risk places, planning one's free time, etc.). Finally, it is also useful to prepare, with the patient, an emergency plan for the management of a possible relapse, by preventing the abstinence violation effect. Successful management of high-risk situations or relapses helps to reinforce abstinence by increasing self-confidence and by improving behavioural skills. (Author' s abstract)
Les techniques actuelles de thérapie cognitivo-comportementale appliquées au tabagisme ont essentiellement pour objectif l'apprentissage de stratégies permettant de faire face aux situations à haut risque, aux envies de fumer, et éventuellement à un faux pas ; elles multiplient en général par deux le taux d'abstinence tabagique six mois après l'arrêt. Les situations à haut risque peuvent être liées à l'environnement (repas, alcool, fumeurs, fêtes ...) ou à des émotions (colère, tristesse, ennui ...). D'autres situations déclenchantes, plus spécifiques selon l'individu, sont la conséquence des différents conditionnements qui se seront constitués au fil de la carrière du fumeur (café, téléphone, voiture ...). La préparation à l'arrêt du tabac peut démarrer par une phase d'auto-observation, qui permettra de repérer un certain nombre de situations déclenchantes systématiquement associées à la prise d'une cigarette. Le thérapeute pourra alors éventuellement proposer une période de dissociation entre le stimulus et la réponse comportementale (allumer une cigarette). C'est également avant l'arrêt du tabac que l'on commence à organiser et renforcer le soutien social. Après l'arrêt du tabac, les différentes stratégies de coping concernent les envies de fumer (contrôle du stimulus, stratégies cognitives d'opposition, stratégie cognitive d'accompagnement, stratégies comportementales). Au delà des envies de fumer, phénomènes ponctuels répondant le plus souvent à une situation déclenchante, il arrive que le patient développe des pensées liées au tabac, plus insidieuses et chroniques. Les stratégies de coping reposent sur une première phase de reconnaissance du processus cognitif, puis de mise en place de stratégies cognitives et comportementales spécifiques. On peut également accompagner le patient dans les décisions qui peuvent interférer avec les situations à risque (conserver du tabac à la maison, annoncer qu'on a arrêté de fumer, fréquenter les lieux à risque, planifier son temps libre ...). Enfin, il est utile de préparer, avec le patient, un plan d'urgence pour la gestion d'un éventuel faux pas, en prévenant l'effet de violation de l'abstinence. Une gestion réussie de la situation à haut risque ou du faux pas induit un renforcement de l'abstinence par augmentation de la confiance en soi et amélioration de ses compétences. (Résumé d'auteur)
ENGLISH :
Current cognitive-behavioural therapy techniques applied to smoking are essentially designed to teach the patient strategies of coping with high-risk situations, urges to smoke, and possible relapses. Understanding followed by mastery of these strategies increase the subject's confidence in his or her capacities to achieve the defined goal. Cognitive-behavioural therapies generally double smoking abstinence rates six months after cessation compared to control groups. High-risk situations can be related to the environment (meals, alcohol, smokers, parties, etc.) or to emotions (anger, negative thoughts, etc.). Other triggering situations, more specific to the individual, are the consequence of various conditionings developed during the smoker's lifetime (coffee, telephone, car, etc.). Preparation for smoking cessation can start with a self-observation phase in order to detect a certain number of triggering situations systematically associated with smoking. The therapist could then possibly propose a period of dissociation between the stimulus and the behavioural response (lighting a cigarette). Social support must also be organized and reinforced prior to smoking cessation. After smoking cessation, the various coping strategies concern urges to smoke (control of the stimulus, cognitive opposition strategies, cognitive accompaniment strategy, behavioural strategies). Apart from urges to smoke, isolated phenomena usually corresponding to a triggering situation, the patient sometimes experiences more insidious and chronic thoughts related to smoking. Coping strategies are based on a preliminary phase of recognition of the cognitive process, followed by the setting up of specific cognitive and behavioural strategies. The patient can also be assisted in his or her decisions which can interfere with high-risk situations (keeping cigarettes in the house, announcing that one has stopped smoking, frequenting high-risk places, planning one's free time, etc.). Finally, it is also useful to prepare, with the patient, an emergency plan for the management of a possible relapse, by preventing the abstinence violation effect. Successful management of high-risk situations or relapses helps to reinforce abstinence by increasing self-confidence and by improving behavioural skills. (Author' s abstract)
Affiliation :
Ctre Traitement Addict. Pierre Fouquet, Ctre Hosp. Emile Roux, 1 av. de Verdun, 94456 Limeil-Brévannes cedex
France
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Historique