Thèse, mémoire
Le buveur excessif : examen critique d'un concept
(The heavy drinker : critical analysis of a concept)
Auteur(s) :
RIESBECK M.
Année
2006
Page(s) :
249 p.
Langue(s) :
Français
Éditeur(s) :
Strasbourg : ULB, Université Louis Pasteur
Refs biblio. :
117
Domaine :
Alcool / Alcohol
Thésaurus mots-clés
INTERVENTION BREVE
;
ALCOOL
;
ALCOOLIQUE
;
DEPENDANCE
;
ABUS
;
PREVENTION
;
COMPORTEMENT
;
NORME
;
CONTROLE SOCIAL
;
DIAGNOSTIC
;
CONCEPT
;
PRISE EN CHARGE
;
MEDECIN GENERALISTE
Note générale :
Thèse de Doctorat en Médecine, N°75, Université Louis Pasteur, 2006, 249 p.
Résumé :
FRANÇAIS :
L'adaptation du programme de prévention de l'OMS, visant à réduire la morbi-mortalité liée à l'alcool, propose en France, le repérage des buveurs excessifs, qui rassemblent les buveurs à risque, dont la consommation dépasse un seuil de dangerosité épidémiologique, et les buveurs à problèmes présentant des dommages sociaux et/ou sanitaires liés à l'alcool, sans dépendance. D'autres termes et classifications sont proposés au même moment pour décrire les différents usages de l'alcool. Le concept de buveur excessif est ancien et nous parvient chargé d'un héritage sémantique qui fait sens, au-delà de sa définition actuelle. Il ajoute des accents normatifs et péjoratifs à la question des comportements de consommation d'alcool, objet d'ambivalences partagées entre la population, les médecins et le pouvoir politique. Dès lors, le rôle confié aux médecins de dépister les buveurs excessifs, pour les inciter à modérer leur consommation d'alcool mérite d'être interrogée. Si ce projet a pour but la promotion de la santé, il introduit une norme sanitaire dans la question du boire, qui mobilise des aspects multiples tels que la culture, le social, le plaisir, la liberté, la loi, l'économie. La définition quantitative du risque ignore la vulnérabilité individuelle face à l'alcool. Le regroupement nosologique du risque épidémiologique et de dommages sanitaires avérés tire des consommateurs sains vers le pathologique. A l'esprit hygiéniste d'un projet de santé publique, les termes de buveur excessif apportent une note dogmatique stigmatisante, qui compromet l'efficience de son message. L'approche comportementaliste d'une conduite exclue le questionnement de sa signification. Ces aspects contrastent avec la simplicité annoncée du repérage précoce et justifient l'examen du rôle de l'expertise médicale dans la promotion de l'autocontrôle d'une pratique addictive par les individus. (Résumé d'auteur.)
L'adaptation du programme de prévention de l'OMS, visant à réduire la morbi-mortalité liée à l'alcool, propose en France, le repérage des buveurs excessifs, qui rassemblent les buveurs à risque, dont la consommation dépasse un seuil de dangerosité épidémiologique, et les buveurs à problèmes présentant des dommages sociaux et/ou sanitaires liés à l'alcool, sans dépendance. D'autres termes et classifications sont proposés au même moment pour décrire les différents usages de l'alcool. Le concept de buveur excessif est ancien et nous parvient chargé d'un héritage sémantique qui fait sens, au-delà de sa définition actuelle. Il ajoute des accents normatifs et péjoratifs à la question des comportements de consommation d'alcool, objet d'ambivalences partagées entre la population, les médecins et le pouvoir politique. Dès lors, le rôle confié aux médecins de dépister les buveurs excessifs, pour les inciter à modérer leur consommation d'alcool mérite d'être interrogée. Si ce projet a pour but la promotion de la santé, il introduit une norme sanitaire dans la question du boire, qui mobilise des aspects multiples tels que la culture, le social, le plaisir, la liberté, la loi, l'économie. La définition quantitative du risque ignore la vulnérabilité individuelle face à l'alcool. Le regroupement nosologique du risque épidémiologique et de dommages sanitaires avérés tire des consommateurs sains vers le pathologique. A l'esprit hygiéniste d'un projet de santé publique, les termes de buveur excessif apportent une note dogmatique stigmatisante, qui compromet l'efficience de son message. L'approche comportementaliste d'une conduite exclue le questionnement de sa signification. Ces aspects contrastent avec la simplicité annoncée du repérage précoce et justifient l'examen du rôle de l'expertise médicale dans la promotion de l'autocontrôle d'une pratique addictive par les individus. (Résumé d'auteur.)
Affiliation :
France. France.
Historique