Article de Périodique
Haschisch et littérature (2006)
(Hashish and literature)
Auteur(s) :
MILNER, M.
Année
2006
Page(s) :
99-105
Langue(s) :
Français
Refs biblio. :
10
Domaine :
Drogues illicites / Illicit drugs
Résumé :
FRANÇAIS :
La principale raison de la relation particulière entre le cannabis et la littérature, dans la France de la seconde moitié du XIXème siècle, tient à ce que les effets de cette drogue, tels que les décrivent ses usagers (pour la plupart des écrivains ou des artistes), coïncident dans une certaine mesure avec les grands courants de l'esthétique de l'époque. En premier lieu, le fantastique, c'est-à-dire l'évasion hors de limites de la réalité sans qu'interviennent des facteurs appartenant à l'héritage religieux ou folklorique traditionnel. En second lieu, un intérêt croissant pour les aberrations sensorielles, les pouvoirs de l'imagination, l'élargissement de son domaine dans le rêve ou la folie. Enfin, la parenté entre les états psychiques engendrés par la drogue et un certain mode de fonctionnement du langage (notamment les fameuses "correspondances") dont la littérature romantique et post-romantique tire le plus grand profit. Initiés par Théophile Gautier, théorisés (avec une certaine ambiguïté) par Charles Baudelaire, ces parallélismes, qu'exploite avec complaisance la littérature dite "décadente", trouvent en Henri Michaux un observateur intéressé, mais en même temps soucieux de rester sur sa réserve.
ENGLISH :
The author analyses the particular relationship between cannabis and literature in France in the second half of the 19th century through Théophile Gautier, Charles Baudelaire and Henri Michaux works.
La principale raison de la relation particulière entre le cannabis et la littérature, dans la France de la seconde moitié du XIXème siècle, tient à ce que les effets de cette drogue, tels que les décrivent ses usagers (pour la plupart des écrivains ou des artistes), coïncident dans une certaine mesure avec les grands courants de l'esthétique de l'époque. En premier lieu, le fantastique, c'est-à-dire l'évasion hors de limites de la réalité sans qu'interviennent des facteurs appartenant à l'héritage religieux ou folklorique traditionnel. En second lieu, un intérêt croissant pour les aberrations sensorielles, les pouvoirs de l'imagination, l'élargissement de son domaine dans le rêve ou la folie. Enfin, la parenté entre les états psychiques engendrés par la drogue et un certain mode de fonctionnement du langage (notamment les fameuses "correspondances") dont la littérature romantique et post-romantique tire le plus grand profit. Initiés par Théophile Gautier, théorisés (avec une certaine ambiguïté) par Charles Baudelaire, ces parallélismes, qu'exploite avec complaisance la littérature dite "décadente", trouvent en Henri Michaux un observateur intéressé, mais en même temps soucieux de rester sur sa réserve.
ENGLISH :
The author analyses the particular relationship between cannabis and literature in France in the second half of the 19th century through Théophile Gautier, Charles Baudelaire and Henri Michaux works.
Affiliation :
Université de la Sorbonne nouvelle, 13 rue Washington, 75008 Paris, France
Historique